Urbanisme et réinsertion en RDC : Les ex-kulunas au balai
Longtemps étouffée sous les déchets, Kinshasa tente de reprendre son souffle. Depuis plusieurs semaines, des équipes issues du Service national sillonnent les grandes artères de la capitale congolaise pour débarrasser la ville de ses montagnes d’ordures. Une opération qui attire autant les éloges que les interrogations.
Il s’agit d’une opération bien particulière. Car en effet, une partie de ces agents est composée d’anciens « kulunas », ces jeunes délinquants redoutés dans plusieurs quartiers de Kinshasa. Désormais vêtus de combinaisons bleues et de bottes jaunes, ils ont troqué les rues de la violence contre celles de l’assainissement.

Une reconversion sous surveillance
Lancée à l’initiative du président Félix Tshisekedi, l’opération repose sur le Service national, une structure à statut paramilitaire placée sous l’autorité de la présidence. Sa mission dépasse le simple nettoyage : elle vise aussi à réinsérer des jeunes marginalisés grâce à une formation militaire, technique et civique.
Dans une ville confrontée à une gestion difficile des déchets, de nombreux habitants saluent les résultats obtenus. Les avenues autrefois envahies par les détritus retrouvent progressivement un visage plus accueillant.
Entre efficacité et controverse
Mais cette expérience ne fait pas l’unanimité. Certains habitants dénoncent des comportements musclés et des actes d’intimidation attribués à certains membres des équipes de nettoyage.
D’autres estiment néanmoins que leur présence permanente dans certains quartiers contribue à décourager les dépôts sauvages d’ordures. Entre réinsertion sociale et maintien de l’ordre, les « bâtisseurs » incarnent ainsi une expérience originale qui pourrait redessiner le paysage urbain de Kinshasa, à condition que l’encadrement et les moyens suivent
Cir-Raoul HOUNGBEDJI








