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September 29, 2026
ECONOMIE

Ouest Afrique: les journalistes outillés sur la lutte contre les crimes économiques et financiers.

  • septembre 29, 2026
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Ouest Afrique: les journalistes outillés sur la lutte contre les crimes économiques et financiers.

Pendant 72 heures, les professionnels des médias sont formés à Accra au Ghana aux techniques modernes d’enquête, de renseignement en sources ouvertes et au suivi des flux financiers illicites par le Groupe d’Action Intergouvernementale contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest ( GIABA).


Le Groupe d’Action Intergouvernemental contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) a organisé, Du 22 au 24 septembre 2026 à Accra, un atelier régional consacré au renforcement de la capacitté et de la performance des journalisme d’investigation sur les crimes économiques et financiers.
Une quarantaine environs de journalistes d’investigation et des professionnels des médias venus de plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine a pris part à cette formation dans la capiatle ghanéenne. Cette initiative de GIABA vise à renforcer les capacités de ces derniers afin de leur permettre de mieux enquêter sur les affaires de corruption, de blanchiment de capitaux et de flux financiers illicites dans la sous région.
Par ailleurs, en plus du renforcement des compétences, le GIABA entend favoriser l’émergence d’un réseau régional de journalistes capables de travailler ensemble sur des dossiers complexes et transfrontaliers liés à la criminalité financière.


Les travaux de cette formation ont été lancés par monsieur Timothy Melaye, responsable de la communication et du plaidoyer au GIABA, intervenant au nom du directeur général de l’institution, monsieur Mam Cherno Jallow. Dans son intervention à l’ouverture monsieur Timothy Melaye a insisté sur la progresion constante des menaces auxquelles l’Afrique de l’Ouest est confrontée depuis quelques années.
Parmi celles-ci figurent notamment le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme, le financement de la prolifération des armes, l’utilisation abusive des actifs virtuels, le trafic de drogue, la corruption dans le secteur extractif ainsi que certaines failles réglementaires affectant les entreprises et professions non financières désignées.
Pour le responsable du GIABA, les médias occupent une place importante dans la lutte contre ces phénomènes.


« La lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ne peut être pleinement efficace sans la participation active des médias, en particulier des journalistes d’investigation, qui sont nos alliés stratégiques », a-t-il déclaré.
Selon lui, le travail d’enquête permet de révéler des pratiques illégales, d’informer les populations, d’interpeller les décideurs et de contribuer au renforcement de la gouvernance.
« Cette lutte ne sera gagnée que si la lumière l’emporte sur les ténèbres, et vous, les journalistes, êtes l’un de nos phares les plus puissants », a-t-il ajouté.


La nécessité d’un journalisme fondé sur des preuves a également été mise en avant par M. Benjamin Ofori, directeur des affaires juridiques du Centre de renseignement financier du Ghana (FIC), qui intervenait au nom du directeur du FIC Ghana, M. Albert Kwadwo Twum Boafo.
Pour lui, le journaliste spécialisé dans les crimes financiers doit disposer d’outils lui permettant de remonter les circuits financiers et de comprendre les mécanismes utilisés pour dissimuler les fonds.
« Le journaliste spécialisé dans la criminalité financière moderne doit être capable de suivre la trace de l’argent », a-t-il souligné.


Cette démarche implique notamment de savoir analyser les structures des entreprises, examiner les documents financiers, identifier les bénéficiaires effectifs et établir des connexions entre des transactions qui peuvent, en apparence, ne présenter aucun lien.
L’objectif, a-t-il expliqué, ne doit donc pas être uniquement de publier davantage d’articles sur la criminalité financière, mais de produire des enquêtes rigoureuses, documentées et fondées sur des éléments vérifiables.
À travers cette initiative, le GIABA réaffirme ainsi l’importance accordée au rôle des médias dans la promotion de la transparence, de la bonne gouvernance et de la résilience du paysage socio-économique ouest-africain.

Ferdinand GADE