Législatives au Maroc : la jeunesse au cœur du scrutin
À l’heure où le Maroc poursuit ses grands chantiers de modernisation et prépare des échéances majeures comme la Coupe du monde 2030, les élections législatives apparaissent comme un rendez-vous décisif pour la classe politique. Au-delà du renouvellement des 395 sièges de la Chambre des représentants, le scrutin met surtout à l’épreuve la capacité des partis à convaincre une jeunesse de plus en plus sceptique face aux promesses électorales.
Près de 16 millions de Marocains sont appelés aux urnes. Pourtant, les jeunes demeurent faiblement représentés parmi les électeurs inscrits, notamment les 18-24 ans. Une situation qui traduit un désenchantement croissant envers la sphère politique, dans un contexte marqué par un chômage persistant, des inégalités sociales encore visibles et des difficultés d’accès à l’emploi.
Ces dernières années, la jeunesse marocaine s’est davantage illustrée dans les mobilisations citoyennes que dans les bureaux de vote. Le mouvement GenZ 212, né sur les réseaux sociaux, avait notamment porté sur la place publique les préoccupations liées à la santé, à l’éducation et à la justice sociale. Plus récemment, les tentatives massives de jeunes candidats à l’émigration vers l’enclave espagnole de Ceuta ont révélé l’ampleur du malaise social et le manque de perspectives ressenti par une partie de cette génération.

Restaurer la confiance politique
Face à cette réalité, les formations politiques cherchent à transformer les frustrations en participation électorale. Campagnes de proximité, multiplication des messages sur les réseaux sociaux et promesses de relance de l’emploi figurent parmi les principaux leviers mobilisés pour séduire les électeurs.
Pour de nombreux observateurs, l’enjeu dépasse largement la seule compétition entre partis. Il s’agit avant tout de restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions. « Le principal défi est de réconcilier les jeunes avec la politique et de faire émerger une élite crédible », résument plusieurs analystes.
Dans un pays qui affiche une croissance économique soutenue mais où les attentes sociales restent fortes, ces élections constituent ainsi un test grandeur nature pour la démocratie marocaine et pour sa capacité à répondre aux aspirations d’une jeunesse qui réclame avant tout des résultats concrets.
Cir-Raoul HOUNGBEDJI








