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September 23, 2026
OPINION

Assemblée générale de l’ONU : entre urgence multilatérale et fractures souverainistes

  • septembre 23, 2026
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Assemblée générale de l’ONU : entre urgence multilatérale et fractures souverainistes

L’ouverture du débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies s’est tenue, ce 22 septembre 2026, à New York, dans un climat de fortes tensions géopolitiques et d’incertitudes globales. Placée sous le thème « Restaurer la confiance, gérer les transformations : une ONU qui agit pour tous », cette grande messe diplomatique met en lumière des visions profondément divergentes sur l’avenir de la gouvernance mondiale.

Un cri d’alarme pour la fin d’un mandat

Dans ce qui constituait sa toute dernière intervention à l’ouverture du Débat général de son mandat, le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a dressé un constat sans concession d’un ordre international fragmenté.

Identifiant trois périls existentiels : la prolifération des conflits armés, l’accélération de la crise climatique et l’absence de régulation entourant les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle, le patron de l’ONU a lancé un plaidoyer vibrant en faveur du multilatéralisme. Il a exhorté les 193 États membres à engager une refonte urgente du Conseil de sécurité et de l’architecture financière mondiale afin de les adapter aux réalités géopolitiques du XXIᵉ siècle.

Le choc des visions : l’Amérique d’abord contre le Sud global

À la tribune, le président américain Donald J. Trump, représentant le pays hôte, a opposé une doctrine fermement axée sur la souveraineté nationale, le réalisme sécuritaire et le rejet du « globalisme ». Affirmant le retour de la puissance militaire américaine, il a défendu l’usage de la force au Moyen-Orient et en hispano-Amérique, tout en émettant de vives critiques contre les organes de l’ONU, à commencer par le Conseil des droits de l’homme. M. Trump a également rejeté toute tentative de régulation multilatérale de l’IA, réaffirmé la supériorité technologique des États-Unis, renouvelé son scepticisme face aux énergies vertes et qualifié l’immigration illégale de menace pour le patrimoine culturel des nations.

Fidèle à la tradition, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva est intervenu le premier parmi les chefs d’État, s’imposant comme le porte-voix du Sud global. Dénonçant le statu quo hérité de la Seconde Guerre mondiale, Lula a réclamé un élargissement du Conseil de sécurité avec des sièges permanents pour l’Afrique et l’Amérique latine. Évoquant les conflits en cours, il a rappelé la nécessité absolue du droit international humanitaire et de la diplomatie, tout en remettant au centre des priorités son initiative pour une Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté.

Défiance régionale et feuille de route opérationnelle

S’exprimant dans un contexte de vives frictions régionales et sous le coup de sanctions, le président iranien Masoud Pezeshkian s’est efforcé de présenter la position de Téhéran. Dénonçant les exactions imputées aux États-Unis et à leurs alliés, il a estimé que la confiance envers l’ONU s’était effondrée du fait du non-respect des engagements internationaux passés. M. Pezeshkian a toutefois appuyé le thème de la session, affirmant que le rétablissement de la confiance exigeait la fin des interventions militaires et le respect de la souveraineté des peuples du Moyen-Orient.

Pour sa part, le président de cette 81ᵉ session de l’AGNU, Khalilur Rahman, ministre des Affaires étrangères du Bangladesh, a tracé la feuille de route des travaux à venir. Articulée autour de six piliers majeurs, la paix et la sécurité, le développement durable, l’action climatique, les droits humains, la régulation des technologies et la réforme de l’ONU, son intervention a appelé l’organisation à surmonter ses divisions pour livrer des résultats tangibles à la communauté internationale.

Wilfrid DIANKABAKANA à New-York