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October 21, 2026
JUSTICE

Justice et sécurité/La peine de mort revient au Burkina Faso

  • octobre 21, 2026
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Justice et sécurité/La peine de mort revient au Burkina Faso

Le Burkina Faso franchit un nouveau cap dans sa politique pénale. Le Parlement a adopté à l’unanimité un nouveau Code pénal réintroduisant la peine de mort, selon une annonce du ministère de la Justice. Cette décision marque un tournant dans un pays confronté à une crise sécuritaire persistante et relance le débat sur l’efficacité de la peine capitale dans la lutte contre la criminalité.

Les autorités justifient cette réforme par la nécessité de renforcer l’ordre public, de protéger les personnes et les biens et de préserver les valeurs nationales. Parmi les infractions passibles de la peine capitale figurent notamment les actes de terrorisme, l’espionnage, la trahison, le parricide ainsi que l’importation de produits périmés ou interdits ayant entraîné la mort.


Un durcissement dans un contexte de crise


Cette décision intervient alors que le Burkina Faso est confronté depuis plus d’une décennie à des violences meurtrières attribuées à des groupes djihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique. Ces attaques ont provoqué des milliers de morts et contraint de nombreuses personnes à fuir leur domicile.
Dirigé par une junte militaire depuis le coup d’État de 2022, le pays avait déjà affiché son intention de rétablir la peine capitale. Le capitaine Ibrahim Traoré, chef du régime, avait publiquement évoqué cette perspective en invoquant notamment les impératifs de sécurité.


Une décision controversée


Le retour de la peine de mort rompt avec la dynamique abolitionniste engagée par le Burkina Faso, qui avait supprimé cette sanction de son arsenal pénal en 2018. Selon Amnesty International, la dernière exécution recensée dans le pays remonte à 1988. L’organisation de défense des droits humains avait exhorté les autorités à renoncer à ce rétablissement.


Au-delà de son adoption parlementaire, cette réforme soulève des interrogations sur son application, les garanties judiciaires et le respect des droits fondamentaux. Ses partisans y voient un instrument de fermeté face aux crimes les plus graves. Ses détracteurs contestent son caractère dissuasif et soulignent le risque d’une sanction irréversible en cas d’erreur judiciaire.


Dans un contexte de guerre contre les groupes armés, le gouvernement mise sur un durcissement pénal. Reste à savoir si cette orientation contribuera effectivement à améliorer la sécurité des populations.


Cir Raoul HOUNGBEDJI