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September 2, 2026
POLITIQUE

Éthiopie : le pari risqué d’un pouvoir renforcé

  • septembre 1, 2026
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Éthiopie : le pari risqué d’un pouvoir renforcé

L’Éthiopie s’apprête peut-être à engager l’une des réformes politiques les plus importantes de son histoire récente. À l’issue de plusieurs semaines de dialogue national, des milliers de participants ont soutenu l’idée d’une refonte constitutionnelle qui fusionnerait les fonctions de président et de Premier ministre au sein d’une présidence exécutive dotée de larges prérogatives. Le projet pourrait être examiné par le Parlement dès le mois d’octobre. 

Réunissant près de 4 000 délégués, le dialogue national a conclu à la nécessité de renforcer les institutions centrales afin de favoriser la cohésion d’un pays marqué par de fortes fractures identitaires. Les partisans de la réforme estiment qu’une présidence exécutive permettrait de dépasser les clivages régionaux et ethniques en incarnant davantage l’unité nationale. 

Cette évolution profiterait potentiellement au Premier ministre Abiy Ahmed, au pouvoir depuis 2018. Son parti disposant d’une majorité confortable au Parlement, ses opposants redoutent que la réforme n’aboutisse à une concentration accrue du pouvoir. Le dialogue a également recommandé de réduire les financements accordés aux partis fondés sur une base ethnique pour privilégier les formations à vocation nationale. 

Toutefois, la légitimité même du processus est contestée. Plusieurs grandes forces de l’opposition ont boycotté les discussions, tandis que les groupes armés actifs dans le pays n’y ont pas participé. 

La paix toujours hors de portée 

Cette réforme intervient dans un contexte particulièrement fragile. Avec plus de 130 millions d’habitants, l’Éthiopie demeure confrontée à des tensions persistantes dans plusieurs régions stratégiques, notamment l’Oromia et l’Amhara, où des affrontements continuent d’opposer les forces de sécurité à différents groupes armés. 

Le Tigré, marqué par la guerre civile qui a ravagé la région entre 2020 et 2022, reste également sous haute surveillance. Malgré l’accord de paix conclu après le conflit, les inquiétudes concernant une reprise des violences n’ont pas disparu. 

Pour de nombreux observateurs, le dialogue national constitue une étape utile vers la réconciliation. Mais ils soulignent qu’aucune réforme institutionnelle ne pourra garantir une stabilité durable sans une véritable inclusion de l’opposition et l’ouverture de négociations avec les mouvements armés encore actif

Cir-Raoul HOUNGBEDJI