Nigéria: la grève des professionnels de la santé de Katsina suspendue
À Katsina, les agents de la santé ont suspendu leur grève d’avertissement suite à l’intervention du gouverneur Dikko Radda, mais les négociations concernant les salaires et indemnités impayés restent au point mort.
Les agents de la santé de l’État de Katsina, ville historique située dans le nord du Nigeria, à environ 135 km au nord-ouest de Kano et près de la frontière avec le Niger ont suspendu leur grève d’avertissement de sept jours suite à des discussions avec le gouverneur Dikko Radda le 16 octobre dernier. Ces discussions n’ont pas pu donner une suite favorable aux ajustements salariaux et les revendications sociales qui étaient parmis les motifs de cette grève.

Reprise des services de santé
La suspension est entrée en vigueur le dimanche 18 octobre dernier, selon une note circulaire signée la veille par Ibrahim Balange, président de l’Assemblée des professionnels de la santé (AHCP) de cet Etat et publiée le même jour.
Ibrahim Balange, ordonnait aux membres de AHCP et aux agents de la santé en général de reprendre leurs fonctions cliniques et administratives dans les établissements de santé publique, selon le communiqué de presse lu par le chef du service de presse du gouverneur, Ibrahim Mohammed, et également rapportée par le média local Katsina Times .
L’assemblée comprend le Syndicat des travailleurs médicaux et de la santé du Nigéria (MHWUN), l’Association nationale des infirmières et sages-femmes nigérianes (NANNM) et le Syndicat national des professionnels paramédicaux (NUAHP).
Selon le communiqué, le gouverneur s’est engagé à rouvrir les négociations concernant les revendications en suspens des travailleurs, notamment les ajustements salariaux, les indemnités et l’avancement de carrière.
Cependant, l’annonce n’a pas précisé si le gouvernement avait accepté les ajustements salariaux proposés par les travailleurs ni quand les paiements en souffrance seraient effectués.
A l’origine de la grève
Les agents de la santé de l’Etat de Katsina réclament une rémunération et des indemnités améliorées, comparables à celles dont bénéficient leurs homologues des établissements de santé fédéraux. Le mouvement de débrayage fait suite à des mois de désaccords entre les travailleurs de la santé et le gouvernement de l’État de Katsina concernant les disparités salariales et les indemnités.
Selon la publication d’un média local le 15 octobre dernier, l’assemblée a déclaré la grève d’avertissement après l’expiration d’un préavis de sept jours émis le 7 octobre sans résolution satisfaisante.
C’est depuis 2024, lorsque le gouvernement n’a plus respecté sa décision de revoir la rémunération des travailleurs de la santé afin de l’aligner sur celle de leurs homologues travaillant dans les établissements de santé fédéraux que le problème se pose, selon Ibrahim Balange, président d’AHCP
Un comité mis en place pour examiner les plaintes a par la suite soumis des recommandations en mars 2025, mais le syndicat a déclaré que le gouvernement n’avait pas respecté ces recommandations.
Selon le syndicat, le Bureau de la réforme des services publics de l’État a initialement proposé aux travailleurs 10 % de la différence de salaire entre les professionnels de la santé de l’État et ceux du gouvernement fédéral.
Le gouvernement a par la suite a revu à la hausse son offre à 15 %, mais les travailleurs l’ont rejetée. Ils l’ont jugée insuffisante.
Balange a déclaré également que l’assemblée avait demandé la mise en œuvre intégrale de la structure salariale et des indemnités fédérales applicables, mais qu’elle était disposée à accepter 75 % à titre de compromis.
Ce désaccord a finalement conduit à la grève d’avertissement, qui a débuté le 14 octobre dernier.
Les engagements du gouvernement
Le gouvernement de Katsina a accepté de rouvrir les négociations lors d’une table ronde technique selon le communiqué.
Les engagements comprennent une révision et une mise en œuvre de la structure salariale consolidée du secteur de la santé (CONHESS) conformément aux circulaires gouvernementales applicables, ainsi qu’une révision complète des indemnités de risque, d’astreinte et de travail posté.
Le gouvernement aurait également accepté de remédier au problème du saut du niveau 10 de la classification CONHESS pour les agents éligibles, conformément au régime de service applicable.
Un comité technique conjoint devrait être mis en place pour un mandat bien défini et suivi d’un calendrier pour traiter les questions en suspens.
Toutefois, ni la déclaration ni la circulaire rapportée ne précisaient quand le comité commencerait ses travaux ni quand les ajustements proposés seraient mis en œuvre.
Le chef de la fonction publique de l’État, Masa’ud Banye, a confirmé que les représentants du gouvernement étaient en contact avec les syndicats pour résoudre le différend.
Bilan de la grève
Les services dans les hôpitaux publics ont été perturbés par ce mouvement de grève laissant plusieurs patients et soignants dans l’incertitude liée à l’accès aux soins.
Bien que l’assemblée ait maintenant demandé à ses membres de reprendre le travail, il n’a pas été établi de manière indépendante dans quelle mesure les services normaux ont repris dans les hôpitaux concernés.
En suspension
La suspension met fin au mouvement de grève immédiat, mais soulève des questions quant à la mise en œuvre des engagements du gouvernement.
Pour l’instant, l’accord annoncé sert de base à de nouvelles négociations, tandis que le règlement du différend sous-jacent dépend de la capacité du gouvernement et des syndicats à parvenir à un accord applicable.
Ferdinand GADE








