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October 22, 2026
POLITIQUE

Diplomatie / RDC : Bruxelles fustige l’alliance Kabila-M23

  • octobre 22, 2026
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Diplomatie / RDC : Bruxelles fustige l’alliance Kabila-M23

La Belgique hausse le ton contre Joseph Kabila. Mercredi 21 octobre, Bruxelles a condamné la décision de l’ancien président congolais de prendre la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire comprenant notamment le mouvement rebelle M23. Pour la diplomatie belge, ce rapprochement constitue un signal alarmant dans une crise sécuritaire qui continue de ravager l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Devant la commission des Relations extérieures de la Chambre des représentants, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a dénoncé une initiative « déplorable, incompréhensible et inacceptable». Il a fustigé le choix de privilégier la lutte armée au détriment des voies démocratiques, estimant qu’aucune ambition politique ne saurait justifier la violence contre les institutions nationales.
Annoncé le 12 octobre à Goma, le FRN entend, selon ses déclarations, « mettre fin à la tyrannie » et se réserve la possibilité de recourir à la force. Cette nouvelle coalition s’inscrit dans la recomposition de l’opposition armée au président Félix Tshisekedi, sur fond de conflit persistant dans l’est du pays.
Au pouvoir de 2001 à 2019, Joseph Kabila est aujourd’hui un opposant controversé. Le 30 septembre 2025, la Haute Cour militaire congolaise l’a condamné à mort par contumace, notamment pour trahison, crimes de guerre et participation à une insurrection liée au M23. L’ancien chef de l’État rejette ces accusations, que son camp présente comme politiquement motivées.

Les processus de paix sous pression


Pour Bruxelles, le rapprochement entre Kabila et le M23 ne saurait ouvrir une voie crédible vers la stabilité. Maxime Prévot juge cette stratégie profondément illégitime et incompatible avec les exigences de paix et de démocratie. Les autorités belges estiment par ailleurs que cette alliance n’est pas totalement inattendue, au regard des contacts antérieurs entre l’ancien président et le mouvement rebelle.
La Belgique appelle ainsi les protagonistes à préserver les acquis des processus de paix de Doha et de Washington, à respecter le cessez-le-feu et à protéger les populations civiles. Alors que les initiatives diplomatiques tentent de contenir les violences, l’émergence du FRN risque de compliquer davantage la recherche d’une issue politique à la crise congolaise.


Cir Raoul HOUNGBEDJI