NouveautéOffre incroyable pour nos abonnés exclusifs !Lire plus
October 30, 2026
SANTE

CEA: formation des journalistes sur le traitement médiatique du financement de la santé en Afrique.

  • octobre 29, 2026
  • 4 min read
  • 81 Views
CEA: formation des journalistes sur le traitement médiatique du financement de la santé en Afrique.

C’est à Nairobi au Kanya que la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) a démarré ce 28 octobre une formation aux journalistes anglophones africains sur le financement de la santé.

Pendant trois jours, les professionnels des médias anglophones africains vont suivre une formation sur l’investissement dans la santé en Afrique. Organisée en collaboration avec Twaweza Communications dans le cadre de l’initiative « Transformer le financement de la santé en Afrique », cette formation a réunit des journalistes du Botswana, d’Éthiopie et de Sierra Leone ainsi que des journalistes du Kenya, du Rwanda, de Tanzanie, d’Ouganda, de Zambie et du Zimbabwe. Les participants découvriront les travaux de la CEA sur le financement de la santé et partageront leur expérience des systèmes de santé de leurs pays respectifs au cours de cette formation.

L’objectif de cette formation est de transformer la manière dont les questions relatives à la santé est traitée dans les médias africains. « Trop souvent, elle est réduite à un simple sujet hospitalier ou à une ligne de dépenses publiques » a déclaré les organisateurs de cette formation.
La CEA souhaite que les journalistes la considèrent comme un investissement économique essentiel à la souveraineté, à la résilience économique et à la justice en Afrique. Les différentes communications de cette formation sont basées sur la déclaration sur le financement durable de la santé en Afrique, dite Déclaration de Tanger, adoptée par les ministres en avril 2026 lors de la Conférence de la CEA réunissant les ministres africains des Finances, de la Planification et du Développement économique, où l’initiative a également été lancée. « En moyenne, les gouvernements africains financent moins de 41 % des dépenses totales de santé, laissant aux ménages et à des financements de donateurs souvent imprévisibles le soin de combler le déficit », selon la CEA.

Vision de l’investissement dans la santé


Lors du lancement des travaux ce mercredi, Aboubakari Diaw, chef de cabinet de la CEA et responsable de l’équipe Financement de la santé, a déclaré que le l’investissement dans la santé devait être appréhendé comme un enjeu macroéconomique et non comme un simple coût. Il a souligné que les dépenses directes des ménages représentaient 35 % des dépenses de santé dans la région Afrique de l’OMS. Ce traduit un pourcentage bien supérieur au plafond recommandé, et que 420 millions d’Africains avaient connu des difficultés financières liées aux coûts de santé en 2022.
Vingt-cinq ans après la Déclaration d’Abuja, un seul pays a respecté son engagement d’allouer systématiquement 15 % de son budget public à la santé, tandis que l’aide extérieure à la santé a diminué de la moitié.
« Suivez le fil de l’argent en amont, du service jusqu’au Trésor », a déclaré M. Diaw, chef de cabinet de la CEA aux participants, en les exhortant à interroger les parties prenantes telles que l’ONU et l’OMS, la société civile et les ministres des finances avec autant de rigueur que les ministres de la santé, et à leur demander quelle ligne budgétaire, quelle année et quel montant sont à l’origine de chaque engagement.

D’autres formations sont prévues pour ces journalistes afin de renforcer leur compétence sur les aspects techniques du financement de la santé avec des experts, tels que le professeur Kimani Njogu, spécialiste en communication de la CEA, et David Khaoya, économiste de la santé à l’Université de Nairobi, qui présenteront les réformes du financement de la santé au Kenya.

Le choix de Nairobie


Le Kenya a été choisi pour accueillir cet atelier en raison de son engagement de longue date en faveur de la transformation de son système de santé. En 2023, le pays a adopté quatre lois visant à promouvoir la couverture sanitaire universelle et, en 2024, il a remplacé le Fonds national d’assurance maladie par une nouvelle Autorité sociale de santé. La visite de cette Autorité par les professionels des médias est prévue afin qu’ils découvrent son fonctionnement concret.


Cet atelier constitue la première étape de la création d’un réseau de journalistes africains spécialisés dans le traitement de la santé comme moteur du développement. Un second atelier, destiné aux médias francophones, se tiendra en fin d’année. Ensemble, ces deux ateliers jetteront les bases d’un programme de bourses de journalisme non résident axé sur le financement de la santé, qui sera lancé au cours de l’année 2027.


Ferdinand GADE