Burkina Faso / Le gouvernement déchire un rapport de Human Rights Watch
Le ton est monté d’un cran entre Ouagadougou et Human Rights Watch. Dans un climat sécuritaire déjà sous haute tension, les autorités burkinabè rejettent catégoriquement un rapport accablant de l’ONG, qui évoque de graves exactions contre des civils dans la lutte contre le terrorisme.
Publié sous le titre « Personne ne pourra s’échapper », le document de Human Rights Watch avance un bilan glaçant : près de 1 800 civils auraient été tués en deux ans. L’organisation pointe du doigt les forces de sécurité burkinabè ainsi que leurs supplétifs civils, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP).
Une version des faits que le gouvernement balaie d’un revers de main. Dans un communiqué daté du 5 avril 2026, les autorités dénoncent un rapport « faux » et « infondé ». Le porte-parole, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, parle même d’un « tissu de conjectures », accusant l’ONG de produire une analyse éloignée des réalités du terrain.
Au-delà du fond, c’est la méthode qui est également contestée. Ouagadougou critique une enquête biaisée, accusée de « diaboliser les patriotes burkinabè ». Le gouvernement affirme au contraire que ses forces opèrent avec « professionnalisme », dans un contexte de lutte intense contre des groupes jihadistes.
Plus virulent encore, le pouvoir évoque des arrière-pensées « néocoloniales » et n’exclut pas des mesures contre ce qu’il qualifie « d’officines impérialistes ». En face, Human Rights Watch assure s’appuyer sur plus de 450 témoignages recueillis dans la région, du Burkina Faso aux pays voisins. Cette confrontation illustre une fracture profonde : celle entre les impératifs sécuritaires d’un État en guerre et les exigences de transparence des organisations de défense des droits humains.
Cir-Raoul HOUNGBEDJI








