NouveautéOffre incroyable pour nos abonnés exclusifs !Lire plus
February 11, 2026
COOPERATION

Addis-Abeba : le 39ᵉ Sommet de l’Union africaine s’ouvre sous le signe de l’eau, de la santé et des transitions sociales

  • février 11, 2026
  • 4 min read
  • 74 Views
Addis-Abeba : le 39ᵉ Sommet de l’Union africaine s’ouvre sous le signe de l’eau, de la santé et des transitions sociales

Addis-Abeba, le 11 février @hommesdafrique, Addis-Abeba redevient, cette semaine, l’épicentre de la diplomatie africaine. Les travaux préparatoires du 39ᵉSommet ordinaire de l’Union africaine (UA) ont officiellement démarré ce 10 février avec une série de « side-events » stratégiques et l’ouverture de la 48ᵉsession du Conseil exécutif, réunissant les ministres africains des Affaires étrangères chargés de baliser l’agenda politique avant la rencontre des chefs d’État prévue les 14 et 15 février.

« Placée sous le thème central de la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs, cette édition s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda 2063, qui fait de l’accès universel aux services essentiels un levier majeur de souveraineté humaine et de développement inclusif », a confié, à Hommes d’Afrique, un délégué congolais. Il a ajouté : « Les discussions de la semaine traduisent déjà une approche élargie : au-delà de l’eau, les débats intègrent la santé publique, la nutrition, l’innovation numérique et le leadership des femmes, autant de piliers interdépendants du développement durable ».

Dès l’ouverture, les chefs de diplomatie du continent se sont retrouvés pour la 48ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif, organe chargé d’examiner les rapports techniques et d’élaborer les recommandations politiques qui seront soumises aux chefs d’État. Cette étape est déterminante : elle conditionne les décisions budgétaires, les priorités programmatiques et les réformes institutionnelles de l’UA pour les prochains mois.

Plusieurs délégations ministérielles sont déjà présentes à Addis-Abeba, illustrant l’importance stratégique de ce rendez-vous diplomatique annuel, devenu un véritable baromètre de la coordination politique africaine.

Santé numérique et capital humain au cœur des « side-events »

Parallèlement aux sessions officielles, les événements de haut niveau organisés en marge du Sommet donnent le ton des priorités émergentes. L’un des temps forts concerne les technologies numériques appliquées à la santé maternelle, néonatale et infantile (RMNCAH). Experts, partenaires techniques et décideurs y explorent comment la télémédecine, les données de santé et les plateformes digitales peuvent combler les inégalités d’accès aux soins.

« Les technologies numériques peuvent transformer radicalement la prestation des services de santé pour les femmes et les enfants, notamment dans les zones rurales et fragiles », ont souligné les organisateurs du ‘High-Level Side Event on Digital Health Technologies’, appelant à des investissements structurants pour accélérer l’impact.

Autre priorité : la survie de l’enfant et la nutrition, thématique abordée lors d’un dialogue de haut niveau visant à renforcer les politiques de prévention de la malnutrition chronique. Les intervenants ont insisté sur le lien direct entre nutrition, capital humain et productivité économique.

« Investir dans la nutrition, c’est investir dans l’avenir économique de l’Afrique », ont rappelé les participants, plaidant pour un financement durable et des partenariats multisectoriels.

Leadership féminin et gouvernance inclusive

Selon plusieurs participants, le Sommet de 2026 mettra également en lumière la dimension sociale et politique du développement. Le Comité panafricain du commerce et de l’investissement du secteur privé (de son acronyme anglais PAFTRAC) organisera des rencontres d’influence pour promouvoir la participation accrue des femmes dans la gouvernance, l’agriculture résiliente et la lutte contre le changement climatique, a indiqué, à Hommes d’Afrique, le Dr Amany Asfour, Présidente de Africa Business Council et vice-présidente du PAFTRAC. Cet organisme tiendra prochainement une importante réunion dédiée au secteur privé africain.

Aussi, ces échanges confirment-elles une tendance de fond : l’UA cherche à articuler plus étroitement réformes institutionnelles, inclusion et développement local, en considérant le leadership féminin comme un accélérateur de transformation.

Vers des décisions structurantes

À l’approche de la réunion des chefs d’État, Addis-Abeba offre déjà l’image d’un continent en réflexion stratégique. Eau, santé, nutrition, innovation numérique, égalité de genre : autant de chantiers convergeant vers un même objectif, celui d’une Afrique plus résiliente et souveraine.

« Le 39ᵉ Sommet ne sera donc pas seulement protocolaire », fait observer Mahamadou Gabio, un délégué mauritanien. « Il pourrait marquer une étape décisive dans la consolidation des politiques publiques africaines, en traduisant les ambitions de l’Agenda 2063 en engagements concrets ».

Au cœur de cette séquence diplomatique, l’Union africaine réaffirme ainsi son rôle de chef d’orchestre du développement continental, entre coordination politique, mobilisation des partenaires et vision stratégique partagée.

Sylvestre Tetchiada, à Addis-Abeba

About Author

Ferdinand GADE